Le collectif La Voix Est Libre, qui lutte contre la construction de l’autoroute A69, grand projet totalement inutile visant à relier Toulouse à Castres, dénonce dans un communiqué un article du journal La Dépêche du Midi laissant entendre que le collectif pourrait être à l’origine d’un grave accident de la route : « Nous nous insurgeons contre ce procédé qui n’a d’autre objectif que de salir les opposants et le combat qu’ils mènent contre l’A69, combat que La Dépêche, fervente partisane de l’autoroute, tente de discréditer depuis des années ».
Par son titre « Agriculteurs, opposants à l’A69, ingérence étrangère : qui a commis le sabotage routier qui a fait deux blessés près de Toulouse ? », l’article publié le 16 janvier par laisse en effet planer le doute : sans accuser directement le collectif La Voix Est Libre, qui fédère l’opposition à l’A69, il insinue qu’il pourrait être à l’origine de ce type d’action.
Extrait de l’avis de l’autorité environnementale sur l’A69, 6 octobre 2022
« De façon générale, ce projet routier, initié il y a plusieurs décennies, apparaît anachronique au regard des enjeux et ambitions actuels de sobriété, de réduction des émissions de gaz à effet de serre, et de la pollution de l’air, d’arrêt de l’érosion de la biodiversité et de l’artificialisation du territoire et d’évolution des pratiques de mobilité et leurs liens avec l’aménagement des territoires. La justification de raisons impératives d’intérêt public majeur du projet au regard de ses incidences sur les milieux naturels apparaît limitée. »
(vous pouvez consulter l’avis complet de l’autorité environnementale ici)
La Voix Est libre dénonce le caractère partisan de cet article : « aucune preuve, aucune explication, pas le moindre indice ne peut nous relier à cet accident » et « aucun opposant à l’A69 n’a été contacté », contrairement à certains syndicats agricoles : « la coordination rurale de la Haute-Garonne, celle du Tarn et la FDSEA de Haute-Garonne ‒ des syndicats également considérés comme de potentiels responsables ‒ livrent leur défense dans l’article ».
L’absurdité du raisonnement de la Dépêche du Midi laisse en effet songeur : « quel sens y a-t-il, souligne le collectif La Voix Est Libre, à accuser de tronçonner des arbres les personnes du territoire qui les ont le plus défendu ? Quel sens y-a-t-il à soupçonner les opposants à l’A69 de saboter une route secondaire, alors même que c’est ce réseau là qu’ils défendent ? Comment imaginer une seule seconde les opposants à l’A69, soutiens indéfectibles du vivant et du respect des habitants, provoquer un tel accident ? »
Rappelant les devoirs imposés aux journalistes par la Charte de Munich (vérification des faits, respect de la présomption d’innocence et refus des amalgames), LVEL souligne que « cet article scandaleux est sorti le jour même du quatrième comité de suivi des mesures compensatoires de l’A69 qui a vu notre travail d’investigation reconnu par le préfet lui-même », indique qu’une telle « diffamation et ses conséquences sont juridiquement dangereuses pour la Dépêche du Midi » et annonce avoir demandé un droit de réponse.


La Voix Est Libre a publié en novembre 2025, quelques semaines avant l’arrêt scandaleux de la Cour d’appel qui a autorisé la réouverture du chantier en 2026, un livret fort bien fait dans lequel sont résumés l’historique de ce grand projet inutile et dangereux et listés les arguments du collectif. Pour le consulter, c’est ici.







